Chapitre 1 : Etrange sensation
___Je sentais sous mes pieds le sol défiler à une vitesse impressionnante, à ma droite un mur froid et noir, recouvert de torches brandissant leurs jets de flammes, sondait le moindre de mes gestes. Est-ce que je marchais ? Est-ce que je courrais ? Je n'en savais strictement rien. J'avais perdu le contrôle de mon corps. Je voyais mes membres bouger dans des mouvements fluides et gracieux mais je ne m'y reconnaissais pas. Je fuyais. Quoi ? Je n'en savais rien, quelque chose sûrement ... ou quelqu'un. Au fur et à mesure que j'avançais un sentiment d'anxiété s'accapara de mon être provoquant une certaine panique en mon fort intérieur. Une porte se dessina sous mes yeux et étrangement elle me fut famillière, comme si j'avais déjà eu à la franchir mais cela n'augurait rien qui vaille. Je ne pû me contrôler et ma main se tendit pour effleurer du bout des doigts la poignet froide en acier grisaillé. Tout d'un coup, comme si mon geste l'avait déclenché, la planche en bois de chêne disparut laissant place à une foule sans visages. Habillés avec des vêtements, datant d'une époque révolue, ils brandissaient fourches et pelles en l'air regardant avec haine un amat de bois où une jeune fille hurlait à la mort. Sa voix aïgue, implorant ceux qui voudraient la croire de son innocence, résonnait en échos dans la vallée qui entourait cette abération. Je crû voir dans cette assemblée un jeune homme la tête baissée qui ne hurlait pas comme le reste du cortège la haine qui leur déchirait le coeur, non au contraire il avait l'air accablé et triste. Tout d'un coup les images se mirent à se bousculer les une aux autres. Un discours interminable prêchant la religion contre la magie noire, une croix, des cris, des flammes, une sensation de brûlure et ... des pleures.
En sursaut je me réveillai essuyant les gouttes de sueur qui dégoulinaient le long de mon front me piquant les yeux. Tout ceci m'avait l'air si réel, si famillier. Avec une certaine appréhension je fis un tour périphérique de ma chambre, mais rien ne m'avait l'air comparable à ce que je venais de voir. Une légère lumière bleutée passait à travers mes rideaux venant s'écraser sur mon bureau faisant briller le cadre d'une de mes photos où on m'y voyait petite avec ma mère entrain de rire aux éclats. Un faible sourire me traversa le visage me rendant nostalgique de cette période. Maintenant qu'elle n'était plus là c'était ma grand-mère qui vivait seule qui s'occupait de moi. A la base je devais partir habiter avec mon père mais celui-ci était parti s'installer en Espagne pour son travail ce qui n'était en aucun cas quelque chose d'avantageux pour mes études. Il s'était alors décidé que je viendrais vivre avec ma grand-mère, appellée Mamine, de mon côté maternelle. Celle-ci s'était fait une joie de me recevoir et avait tout organiser. J'avais ma chambre personnelle, avec une salle de bain ainsi qu'un ordinateur, non des plus récents je dois dire mais l'intention y était et cela m'avait énormément touché quand je l'avais découvert en arrivant dissimulé sous une couverture à fleur des plus rétro. Elle ne cachait pas le sentiment de bonheur qu'elle avait à m'avoir avec elle à présent. Etant petite je ne la voyais que pour les fêtes et même si perdre sa fille d'un cancer du sein l'avait ébranlé pouvoir m'élever et m'aider à avancer dans les traces de ma mère lui provoquaient toutes les joies du monde.
Je pris avec précaution le sweat en éponge que j'avais balancé la veille en me couchant sur ma chaise de bureau et descendis en direction de la cuisine. La petite maison de campagne où nous résidions toutes les deux baignait dans un silence des plus mortuaire ce qui y eu le don de provoquer un léger frisson le long de mon échine. Sans m'attarder plus longuement dans les escaliers je me rendis dans la cuisine où je me servis un verre de jus d'orange. En trainant un peu des pieds je fis le tour de la table pour au final m'affaler sur une chaise en laissant ma tête tomber sur mes bras croisés le long de la table couleur chêne comme la porte de mon rêve. Sans plus attendre les images que j'avais vu quelques minutes plus tôt me revinrent en mémoire me rendant quelque peu amère. Si cela signifiait quelque chose, ça ne présageait rien de bon pour ma personne. Je ne m'attardai pas plus sur ces sombres paroles et me dirigeai vers l'évier pour déposer mon verre vide quand soudain une lumière aveuglante traversa la petite vitre de la cuisine me forçant à protéger mes yeux de mes deux mains ce qui provoqua un bruit de verre casser dans toute la maison.
<<Et merde ...soufflais-je>>
Je tendis l'oreille pour voir si je n'avais pas réveillé Mamine qui dormait profondément mais un simple grognement me parvint de l'étage laissant mon coeur reprendre un rythme de course à peu près normal. Sur la pointe des pieds je me dirigeai vers la porte d'entrée l'entrebaillant légèrement pour observer la source de tout ce vacarme. Ce que je vis me coupa le souffle. Un camion de déménagement aussi long qu'une limousine grand luxe se trouvait sur le côté de la route adjacent au mien. Des hommes larges comme des gorilles descendaient un à un des meubles aussi beaux les un que les autres, et une femme d'une finesse affolante un calpin à la main notait avec frénésie de petits mots en observant le travail qu'accomplissaient ces hommes à la carrure imposante. Je ne pu observer autre chose qu'une voiture de course vint se garer derrière le camion révoquant mon attention. Un homme d'une quarantaine d'année en sortit et se posta à côté de la femme lui déposant d'un geste bref mais doux un léger baiser sur le front. Sans que je puisse en voir plus un jeune homme aussi beau qu'un Appollon de l'époque grèco-romaine descendit à son tour et s'adossa d'un air négligeant sur la carosserie. Il regarda les alentours avec un air appréciateur et je crû qu'un instant, aussi court qu'une seconde, ses yeux avaient croisé les miens mais le temps que je secoue la tête celui-ci parlait avec la jeune femme un sourire formé sur ses lèvres. Je refermai la porte en essayant de canaliser le rythme de ma respiration et jettai un coup d'oeil à l'horloge digitale qui était sur le four. Celle-ci affichait six heure, il était six heure du matin et des gens à l'allure de dieux emménageaient en face de chez moi. Je devais encore être dans ce drôle de rêve ça n'était pas possible. Petit à petit un élan de fatigue m'envahit et je n'eu la force de monter dans ma chambre me recoucher. Je pris la direction du salon ou je m'allongeais sur le canapé me blottissant d'un air songeur au creu des coussins.
<<Eva, ceci n'est qu'un rêve, tu vas te réveiller et tu seras dans ta chambre avec une mine de zombie à faire peur.>>
Je me répétai ceci en boucle jusqu'à ce que petit à petit un brouillard des plus épais brouille mon champ de vision et un trou noir vint remplacer mes paroles.